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Cote 112

Cote 112

Le 26 juin 1944, le général britannique Montgomery lance, sous le nom de code « Opération EPSOM »,  une grande offensive pour la prise de la vallée de l'Odon à l'ouest de Caen.

Cette offensive, vise à contourner Caen par l'ouest, et à prendre, enfin, cette ville toujours occupée par les Allemands près de trois semaines après le Débarquement. Mais contrairement aux prévisions optimistes de l'État-Major britannique, et malgré une supériorité numérique et matérielle considérable, l'Opération EPSOM, est un échec. Cependant, la forte pression des divisions britanniques, oblige les Allemands à maintenir dans le secteur, plusieurs divisions de Waffen SS et deux bataillons SS de chars lourds (Tigre), qui auraient pu se porter sur le secteur américain.

L'échec est d'autant plus cuisant que Montgomery qui voulait une victoire facile et rapide pour se démarquer de son allié américain.

La cote 112 qui, de fait, verrouille tout le secteur, devient un lieu de combats majeurs entre les troupes allemandes et les troupes anglo-canadiennes pendant plus de 7 semaines. Les combats sont d'une rare intensité. Dans les deux camps, les pertes humaines sont très lourdes, le nombre de blindés détruits est énorme, tout particulièrement du côté britannique. Mais Montgomery peut alors compter sur des réserves matérielles et humaines considérables, alors que pour les Allemands, tout char détruit, n'est pas remplacé.

Pour les belligérants des deux camps, la cote 112 devient un lieu mythique. Après la guerre, nombreux sont les autocars anglais et allemands qui s'arrêtent à la Cote 112 puis au Mémorial après sa construction.

A proximité du Mémorial, le bois de Calloué, (à l'origine une petite carrière) devient même le lieu de l'ultime repos de plusieurs vétérans anglais et allemands.

Comme par exemple, Edgar Ryan, né le 31 mars 1926. Lorsque la guerre éclate en 1939, il est encore très jeune. Ce n'est qu'en mai 1943, qu'il est enrôlé dans l'armée britannique, comme Dispatch Rider (estafette motocycliste), il a alors 17 ans. Fin 1943, il est incorporé à la 43e Division d'Infanterie britannique (Wessex), qui devient une « division d'assaut » lors de la Bataille de Caen.

Cette Division rattachée au 8e Corps britannique, débarque en effet en Normandie le 24 juin 1944 à Courseulles sur Mer. Elle commence par relever la 15e Division d'Infanterie écossaise qui avait été engagée pour l'Opération Epsom dans le secteur de Cheux et de Mouen. Elle se positionne ensuite dans la tête de pont de l'Odon, où elle relève la 159e Brigade de la 11e Division Blindée. Elle participe à l'Opération « JUPITER » sur la cote 112. Le 10 juillet 1944, la 130e Brigade de la division (qui comprend, les 7e Régiment Hampshire, les 4e et 5e Régiment Dorsetshire), attaque Eterville, en direction de Maltot. La prise de Maltot, puis de Vieux, pourrait permettre aux Britanniques de prendre la cote 112 à revers, faisant ainsi sauter le verrou allemand et permettant le développement du plan de Montgomery pour l'encerclement de Caen. Mais la résistance allemande enlève tout espoir aux Britanniques qui ne parviennent pas à percer vers l'Orne. Néanmoins, après plusieurs attaques, la 130e Brigade réussit à s'emparer de Maltot, le 23 juillet, mais au prix de lourdes pertes. La Brigade est ensuite relevée de Maltot le 25 juillet. La division participe ensuite à l'Opération « BLUECOAT » avec le 30e Corps (30 juillet-3 aout 1944). Elle terminera la guerre en Allemagne à Cuxhaven (avant-port de Hambourg). En dix mois de combats, la division perd 12 482 hommes. Ces pertes sont considérées comme les plus fortes de toutes les autres divisions  de l'armée britanniques. Edgar Ryan, entre en Allemagne près de Cleves et finit la guerre en mai 1945, dans la forêt du Reichswald à Luneberg, lieu de capitulation des armées allemandes à l'ouest. Il est ensuite hospitalisé pour maladie d'origine non militaire et renvoyé en Allemagne. Il décède d'un cancer en juin 2001. Le 14 août 2003, son fils Timothy répand les cendres de son père dans le bois de Calloué. Une croix en bois est érigée et une épitaphe est apposée. On voit bien, à quel point, ce lieu a marqué les esprits des vétérans, mais aussi de leurs descendants. 

 

Chapelle SAINT-JEAN-DU-CLOS à VIEUX

Dans le domaine des monuments religieux, en dehors de l'église paroissiale, déjà protégée au titre des monuments historiques, on ne connait qu'un édifice de qualité : la chapelle Saint-Jean-Du-Clos, située en bordure de l'ancien manoir seigneurial de la famille de Jacquesson, au lieu-dit actuel «Ferme de l'Etang ».

La chapelle est construite en moellons calcaire et en plaquettes de grès (roches locales). De petites dimensions (8.50 m x 4.10 m), la chapelle présente un plan rectangulaire. Le mur de façade longé par la route de Vieux à Bully, comporte une porte en plein cintre surmontée par un bloc sculpté. Ce dernier  a malheureusement été très abimé par les intempéries.

L'analyse des éléments actuellement visibles conduit donc à situer la construction de la chapelle au XIII siècle, la sculpture de façade pouvant dénoter d'éventuels emprunts à un édifice antérieur. En revanche, elle prouve aussi d'importants remaniements. A la fin du XVIIIè ou au début du XIXè siècle, probablement à une époque où la chapelle devait être plus ou moins désaffectée, on l'a inclue dans un bâtiment rectangulaire, beaucoup plus vaste. Curieusement, sans doute, par respect pour le caractère religieux de l'ancien édifice, on a laissé subsister les quatre murs du sanctuaire primitif, même ceux qui se trouvaient installés au beau milieu du nouveau bâtiment.

Cette curieuse réutilisation est certainement postérieure à 1784 puisque sur un plan terrier établi à cette date pour la seigneurie de Vieux, on voit dessiné le contour de la chapelle avec ces proportions d'origine (Archives départementales du Calvados, F. 7042). Il y a une trentaine d'années, un incendie a fait disparaître la charpente de tout le bâtiment. Depuis lors, l'édifice est entièrement à ciel ouvert.